Cé la vie par Roger Colas & Septen
Published on Dec 15, 2006 in none
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Cé la vie par Roger Colas & Septen
December 15, 2006
S’il existe en ce monde deux choses qui me hantent, la musique en est une et la poésie l’autre. (Roger Colas) On devient musicien mais on naît arti... More
S’il existe en ce monde deux choses qui me hantent, la musique en est une et la poésie l’autre. (Roger Colas) On devient musicien mais on naît artiste. Comment ne pas saisir l’occasion pour parler, un peu, de Roger Colas, cette voix qui s’est tue un dimanche matin, le 14 septembre 1986 à 49 ans et 252 jours, laissant au cœur de ses “fans” un arrière-goût de mélodie inachevée. Naître artiste est un don gratuit du ciel. Roger Colas était l’un de ces privilégiés naturels. Prédestiné, dirions-nous, il est né au Cap-Haïtien “le jour des rois”, un mercredi, le 6 janvier de l’année 1937. Du jour de sa naissance jusqu’à ce fatal dimanche de septembre, son passage terrestre aura duré moins d’un demi-siècle, ou plus précisément : treize mille trois cent quarante neuf jours (13349 jours). Issu des œuvres légitimes de Jean-Baptiste Colas et de Virginie Noël, Roger Colas prit naissance au Cap-Haïtien où il fréquenta l’École des Frères de l’Instruction Chrétienne jusqu’au Certificat d’Études Primaires. Ensuite, il poursuivit, toujours dans sa ville natale, son enseignement secondaire, au Lycée Philippe Guerrier d’abord, jusqu’en classe de Seconde. C’est au sein de cette institution qu’il a appris le solfège et a eu l’occasion de démontrer ses talents d’artiste lors des séances académiques et des surprises-party. Il est important de souligner qu’au Lycée Philippe Guerrier, le solfège et le dessin faisaient partie intégrante du programme académique au même titre que les cours de latin ou de grec, de sciences naturelles, de français ou de mathématique. Pour des raisons, mal élucidées jusqu’à ce jour, Roger Colas quitta le Lycée au milieu de l’année 1953 et va terminer la classe de seconde au collège privé “Oswald Durand du Cap-Haïtien”; l’année suivante il se rendit à la capitale pour compléter sa scolarité au Lycée Pétion. Son émigration à Port-au-Prince n’était, en fait, qu’un prétexte qui lui permit de vivre, comme l’auteur du “Petit Prince“ l’avait fait avant lui, sa première passion: l’aviation. C’est ainsi qu’il abandonna la classe de Rhétorique, au cours du second trimestre de l’année académique 1953/1954, pour se retrouver au camp d’aviation militaire où il passa dix-huit mois, comme enrôlé, de mars 1954 à août 1955. C’est à cette éppoque que Colas fit la connaissance de Port-au-Prince avec tout ce que cela comporte de “sous-entendus” pour un “petit provincial” libéré du joug parental et des contraintes sociales de son alma mater. Comme il connaissait les accords de base à la guitare et qu’il a toujours été un passionné de la langue de Cervantes, il a pu transférer, facilement, à Port-au-Prince la pratique des sérénades. Sa technique vocale en pareilles circonstances, a étonné plus d’un. Donc, Roger Colas, à 17 ans, est affecté au camp d’aviation militaire de Port-au-Prince, à temps plein; il est aussi, à ses heures, artiste-peintre, tailleur et chanteur en devenir. Ce cheminement nous conduit, ainsi, à l’été de l’année 1955 au moment où Roger Colas devint un jeune homme de dix-huit ans et demi qui a, derrière lui, une nouvelle expérience de vie et une formation académique valable. Il importe de souligner que dans le milieu des années cinquante, en Haïti, l’enseignement était, de loin, supérieur à celui dispensé, aujourd’hui, tant au niveau de la scolarisation que celui des études artisanales, techniques, supérieures ou universitaires. Profitant d’une période de relâche, dans le courant du mois d’août 1955, Roger Colas rentra au Cap-Haïtien, sa ville natale, et s’inscrivit comme “chanteur-amateur”, pour participer au concours radiophonique, “Recherche des Étoiles”, organisé et retransmis, en direct, à partir de la salle de projection “Eden Ciné” par la 4VCP, La Voix du Nord. Quand vint le tour de Roger Colas le dimanche 4 septembre, il s’accompagne à la guitare dans une chanson ranchéra qu’il interprète avec brio. Non seulement Roger Colas remporta, assez facilement, le concours, mais encore, cette voix a tellement impressionné le maestro Ulric Pierre-Louis, qui venait d’amorcer “La Révolution de 55”, qu’il s’enquérit de l’auteur qu’il invita, tout de go, à venir faire un essai, aux côtés de Jacob Germain et de Thomas David, au petit bal traditionnel du dimanche soir à Rumba.Roger Colas accepta, tout aussi naturellement, l’invitation et improvisa, ainsi, sa première soirée avec Septentrional le dimanche 4 septembre 1955. Dès le lendemain, lundi 5 septembre, Roger Colas accompagna l’orchestre comme chanteur stagiaire, à Bord-de-Mer de Limonade, à l’occasion de la Ste. Philomène. Less
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