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sur le fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re et internet du Projet &lt;span class="caps"&gt;FLENET&lt;/span&gt; &amp;#8211; Universit&#233; de Le&#243;n&lt;/p&gt;</description>
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    <pubDate>Tue, 22 Jan 2008 04:51:20 -0800</pubDate>
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      <title>Camus, L'&#233;tranger: I, 6</title>
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      <description>Le dimanche, j&#8217;ai eu de la peine &#224; me r&#233;veiller et il a fallu que Marie m&#8217;appelle et me secoue. Nous n&#8217;avons pas mang&#233; parce que nous voulions nous baigner t&#244;t. Je me sentais tout &#224; fait vide et j&#8217;avais un peu mal &#224; la t&#234;te. Ma cigarette avait un go&#251;t amer. Marie s&#8217;est moqu&#233;e de moi parce qu&#8217;elle disait que j&#8217;avais &#171;une t&#234;te d&#8217;enterrement&#187;. Elle avait mis une robe de toile blanche et l&#226;ch&#233; ses cheveux. Je lui ai dit qu&#8217;elle &#233;tait belle, elle a ri de plaisir. En descendant, nous avons frapp&#233; &#224; la porte de Raymond. Il nous a r&#233;pondu qu&#8217;il descendait. Dans la rue, &#224; cause de ma fatigue et aussi parce que nous n&#8217;avions pas ouvert les persiennes, le jour, d&#233;j&#224; tout plein de soleil, m&#8217;a frapp&#233; comme une gifle. Marie sautait de joie et n&#8217;arr&#234;tait pas de dire qu&#8217;il faisait beau. Je me suis senti mieux et je me suis aper&#231;u que j&#8217;avais faim. Je l&#8217;ai dit &#224; Marie qui m&#8217;a montr&#233; son sac en toile cir&#233;e o&#249; elle avait mis nos deux maillots et une serviette. Je n&#8217;avais plus qu&#8217;&#224; attendre et nous avo...</description>
      <itunes:subtitle>Le dimanche, j&#8217;ai eu de la peine &#224; me r&#233;veiller et il a fallu que Marie m&#8217;appelle et me secoue. Nous n&#8217;avons pas mang&#233; parce que nous voulions nous baigner t&#244;t. Je me sentais tout &#224; fait vide et j&#8217;avais un peu mal &#224; la t&#234;te. Ma cigarette avait un go&#251;t amer. Marie s&#8217;est moqu&#233;e de moi parce qu&#8217;elle disait que j&#8217;avais &#171;une t&#234;te d&#8217;enterrement&#187;. Elle avait mis une robe de toile blanche et l&#226;ch&#233; ses cheveux. Je lui ai dit qu&#8217;elle &#233;tait belle, elle a ri de plaisir. En descendant, nous avons frapp&#233; &#224; la porte de Raymond. Il nous a r&#233;pondu qu&#8217;il descendait. Dans la rue, &#224; cause de ma fatigue et aussi parce que nous n&#8217;avions pas ouvert les persiennes, le jour, d&#233;j&#224; tout plein de soleil, m&#8217;a frapp&#233; comme une gifle. Marie sautait de joie et n&#8217;arr&#234;tait pas de dire qu&#8217;il faisait beau. Je me suis senti mieux et je me suis aper&#231;u que j&#8217;avais faim. Je l&#8217;ai dit &#224; Marie qui m&#8217;a montr&#233; son sac en toile cir&#233;e o&#249; elle avait mis nos deux maillots et une serviette. Je n&#8217;avais plus qu&#8217;&#224; attendre et nous avons entendu Raymond fermer sa porte. Il avait un pantalon bleu et une chemise blanche &#224; manches courtes. Mais il avait mis un canotier, ce qui a fait rire Marie, et ses avant-bras &#233;taient tr&#232;s blancs sous les poils noirs. J&#8217;en &#233;tais un peu d&#233;go&#251;t&#233;. Il sifflait en descendant et il avait l&#8217;air tr&#232;s content. Il m&#8217;a dit: &#171;Salut, vieux&#187;, et il a appel&#233; Marie &#171;Mademoiselle&#187;. La veille nous &#233;tions all&#233;s au commissariat et j&#8217;avais t&#233;moign&#233; que la fille avait &#171;manqu&#233;&#187; &#224; Raymond. Il en a &#233;t&#233; quitte pour un avertissement. On n&#8217;a pas contr&#244;l&#233; mon affirmation. Devant la porte, nous en avons parl&#233; avec Raymond, puis nous avons d&#233;cid&#233; de prendre l&#8217;autobus. La plage n&#8217;&#233;tait pas tr&#232;s loin, mais nous irions plus vite ainsi. Raymond pensait que son ami serait content de nous voir arriver t&#244;t. Nous allions partir quand Raymond, tout d&#8217;un coup, m&#8217;a fait signe de regarder en face. J&#8217;ai vu un groupe d&#8217;Arabes adoss&#233;s &#224; la devanture du bureau de tabac. Ils nous regardaient en silence, mais &#224; leur mani&#232;re, ni plus ni moins que si nous &#233;tions des pierres ou des arbres morts. Raymond m&#8217;a dit que le deuxi&#232;me &#224; partir de la gauche &#233;tait son type, et il a eu l&#8217;air pr&#233;occup&#233;. Il a ajout&#233; que, pourtant, c&#8217;&#233;tait maintenant une histoire finie. Marie ne comprenait pas tr&#232;s bien et nous a demand&#233; ce qu&#8217;il y avait. Je lui ai dit que c&#8217;&#233;taient des Arabes qui en voulaient &#224; Raymond. Elle a voulu qu&#8217;on parte tout de suite. Raymond s&#8217;est redress&#233; et il a ri en disant qu&#8217;il fallait se d&#233;p&#234;cher. Nous sommes all&#233;s vers l&#8217;arr&#234;t d&#8217;autobus qui &#233;tait un peu plus loin et Raymond m&#8217;a annonc&#233; que les Arabes ne nous suivaient pas. je me suis retourn&#233;. Ils &#233;taient toujours &#224; la m&#234;me place et ils regardaient avec la m&#234;me indiff&#233;rence l&#8217;endroit que nous venions de quitter. Nous avons pris l&#8217;autobus. Raymond, qui paraissait tout &#224; fait soulag&#233;, n&#8217;arr&#234;tait pas de faire des plaisanteries pour Marie. J&#8217;ai senti qu&#8217;elle lui plaisait, mais elle ne lui r&#233;pondait presque pas. De temps en temps, elle le regardait en riant. Nous sommes descendus dans la banlieue d&#8217;Alger. La plage n&#8217;est pas loin de l&#8217;arr&#234;t d&#8217;autobus. Mais il a fallu traverser un petit plateau qui domine la mer et qui d&#233;vale ensuite vers la plage. Il &#233;tait couvert de pierres jaun&#226;tres et d&#8217;asphod&#232;les tout blancs sur le bleu d&#233;j&#224; dur du ciel. Marie s&#8217;amusait &#224; en &#233;parpiller les p&#233;tales &#224; grands coups de son sac de toile cir&#233;e. Nous avons march&#233; entre des files de petites villas &#224; barri&#232;res vertes ou blanches, quelques-unes enfouies avec leurs v&#233;randas sous les tamaris, quelques autres nues au milieu des pierres. Avant d&#8217;arriver au bord du plateau, on pouvait voir d&#233;j&#224; la mer immobile et plus loin un cap somnolent et massif dans l&#8217;eau claire. Un l&#233;ger bruit de moteur est mont&#233; dans l&#8217;air calme jusqu&#8217;&#224; nous. Et nous avons vu, tr&#232;s loin, un petit chalutier qui avan&#231;ait, imperceptiblement, sur la mer &#233;clatante. Marie a cueilli quelques iris de roche. De la pente qui descendait vers la mer nous avons vu qu&#8217;il y avait d&#233;j&#224; quelques baigneurs. L&#8217;ami de Raymond habitait un petit cabanon de bois &#224; l&#8217;extr&#233;mit&#233; de la plage. La maison &#233;tait adoss&#233;e &#224; des rochers et les pilotis qui la soutenaient sur le devant baignaient d&#233;j&#224; dans l&#8217;eau. Raymond nous a pr&#233;sent&#233;s. Son ami s&#8217;appelait Masson. C&#8217;&#233;tait un grand type, massif de taille et d&#8217;&#233;paules, avec une petite femme ronde et gentille, &#224; l&#8217;accent parisien. Il nous a dit tout de suite de nous mettre &#224; l&#8217;aise et qu&#8217;il y avait une friture de poissons qu&#8217;il avait p&#233;ch&#233;s le matin m&#234;me. Je lui ai dit combien je trouvais sa maison jolie. Il m&#8217;a appris qu&#8217;il y venait passer le samedi, le dimanche et tous ses jours de cong&#233;. &#171;Avec ma femme, on s&#8217;entend bien&#187;, a-t-il ajout&#233;. Justement, sa femme riait avec Marie. Pour la premi&#232;re fois peut-&#234;tre, j&#8217;ai pens&#233; vraiment que j&#8217;allais me marier. Masson voulait se baigner, mais sa femme et Raymond ne voulaient pas venir. Nous sommes descendus tous les trois et Marie s&#8217;est imm&#233;diatement jet&#233;e dans l&#8217;eau. Masson et moi, nous avons attendu un peu. Lui parlait lentement et j&#8217;ai remarqu&#233; qu&#8217;il avait l&#8217;habitude de compl&#233;ter tout ce qu&#8217;il avan&#231;ait par un &#171;et je dirai plus&#187;, m&#234;me quand, au fond, il n&#8217;ajoutait rien au sens de sa phrase. A propos de Marie, il m&#8217;a dit: &#171;Elle est &#233;patante, et je dirai plus, charmante.&#187; Puis je n&#8217;ai plus fait attention &#224; ce tic parce que j&#8217;&#233;tais occup&#233; &#224; &#233;prouver que le soleil me faisait du bien. Le sable commen&#231;ait &#224; chauffer sous les pieds. J&#8217;ai retard&#233; encore l&#8217;envie que j&#8217;avais de l&#8217;eau, mais j&#8217;ai fini par dire &#224; Masson: &#171;On y va?&#187; J&#8217;ai plong&#233;. Lui est entr&#233; dans l&#8217;eau doucement et s&#8217;est jet&#233; quand il a perdu pied. Il nageait &#224; la brasse et assez mal, de sorte que je l&#8217;ai laiss&#233; pour rejoindre Marie. L&#8217;eau &#233;tait froide et j&#8217;&#233;tais content de nager. Avec Marie, nous nous sommes &#233;loign&#233;s et nous nous sentions d&#8217;accord dans nos gestes et dans notre contentement. Au large, nous avons fait la planche et sur mon visage tourn&#233; vers le ciel le soleil &#233;cartait les derniers voiles d&#8217;eau qui me coulaient dans la bouche. Nous avons vu que Masson regagnait la plage pour s&#8217;&#233;tendre au soleil. De loin, il paraissait &#233;norme. Marie a voulu que nous nagions ensemble. Je me suis mis derri&#232;re elle pour la prendre par la taille et elle avan&#231;ait &#224; la force des bras pendant que je l&#8217;aidais en battant des pieds. Le petit bruit de l&#8217;eau battue nous a suivis dans le matin jusqu&#8217;&#224; ce que je me sente fatigu&#233;. Alors j&#8217;ai laiss&#233; Marie et je suis rentr&#233; en nageant r&#233;guli&#232;rement et en respirant bien. Sur la plage, je me suis &#233;tendu &#224; plat ventre pr&#232;s de Masson et j&#8217;ai mis ma figure dans le sable. Je lui ai dit que &#171;c&#8217;&#233;tait bon&#187; et il &#233;tait de cet avis. Peu apr&#232;s, Marie est venue. Je me suis retourn&#233; pour la regarder avancer. Elle &#233;tait toute visqueuse d&#8217;eau sal&#233;e et elle tenait ses cheveux en arri&#232;re. Elle s&#8217;est allong&#233;e flanc &#224; flanc avec moi et les deux chaleurs de son corps et du soleil m&#8217;ont un peu endormi. Marie m&#8217;a secou&#233; et m&#8217;a dit que Masson &#233;tait remont&#233; chez lui, il fallait d&#233;jeuner. Je me suis lev&#233; tout de suite parce que j&#8217;avais faim, mais Marie m&#8217;a dit que je ne l&#8217;avais pas embrass&#233;e depuis ce matin. C&#8217;&#233;tait vrai et pourtant j&#8217;en avais envie. &#171;Viens dans l&#8217;eau&#187;, m&#8217;a-t-elle dit. Nous avons couru pour nous &#233;taler dans les premi&#232;res petites vagues. Nous avons fait quelques brasses et elle s&#8217;est coll&#233;e contre moi. J&#8217;ai senti ses jambes autour des miennes et je l&#8217;ai d&#233;sir&#233;e. Quand nous sommes revenus, Masson nous appelait d&#233;j&#224;. J&#8217;ai dit que j&#8217;avais tr&#232;s faim et il a d&#233;clar&#233; tout de suite &#224; sa femme que je lui plaisais. Le pain &#233;tait bon, j&#8217;ai d&#233;vor&#233; ma part de poisson. Il y avait ensuite de la viande et des pommes de terre frites. Nous mangions tous sans parler. Masson buvait souvent du vin et il me servait sans arr&#234;t. Au caf&#233;, j&#8217;avais la t&#234;te un peu lourde et j&#8217;ai fum&#233; beaucoup. Masson, Raymond et moi, nous avons envisag&#233; de passer ensemble le mois d&#8217;ao&#251;t &#224; la plage, &#224; frais communs. Marie nous a dit tout d&#8217;un coup: &#171;Vous savez quelle heure il est? Il est onze heures et demie.&#187; Nous &#233;tions tous &#233;tonn&#233;s, mais Masson a dit qu&#8217;on avait mang&#233; tr&#232;s t&#244;t, et que c&#8217;&#233;tait naturel parce que l&#8217;heure du d&#233;jeuner, c&#8217;&#233;tait l&#8217;heure o&#249; l&#8217;on avait faim. Je ne sais pas pourquoi cela a fait rire Marie. Je crois qu&#8217;elle avait un peu trop bu. Masson m&#8217;a demand&#233; alors si je voulais me promener sur la plage avec lui. &#171;Ma femme fait toujours la sieste apr&#232;s le d&#233;jeuner. Moi, je n&#8217;aime pas &#231;a. Il faut que je marche. Je lui dis toujours que c&#8217;est meilleur pour la sant&#233;. Mais apr&#232;s tout, c&#8217;est son droit.&#187; Marie a d&#233;clar&#233; qu&#8217;elle resterait pour aider Mme Masson &#224; faire la vaisselle. La petite Parisienne a dit que pour cela, il fallait mettre les hommes dehors. Nous sommes descendus tous les trois. Le soleil tombait presque d&#8217;aplomb sur le sable et son &#233;clat sur la mer &#233;tait insoutenable. Il n&#8217;y avait plus personne sur la plage. Dans les cabanons qui bordaient le plateau et qui surplombaient la mer, on entendait des bruits d&#8217;assiettes et de couverts. On respirait &#224; peine dans la chaleur de pierre qui montait du sol. Pour commencer, Raymond et Masson ont parl&#233; de choses et de gens que je ne connaissais pas. J&#8217;ai compris qu&#8217;il y avait longtemps qu&#8217;ils se connaissaient et qu&#8217;ils avaient m&#234;me v&#233;cu ensemble &#224; un moment. Nous nous sommes dirig&#233;s vers l&#8217;eau et nous avons long&#233; la mer. Quelquefois, une petite vague plus longue que l&#8217;autre venait mouiller nos souliers de toile. Je ne pensais &#224; rien parce que j&#8217;&#233;tais &#224; moiti&#233; endormi par ce soleil sur ma t&#234;te nue. A ce moment, Raymond a dit &#224; Masson quelque chose que j&#8217;ai mal entendu. Mais j&#8217;ai aper&#231;u en m&#234;me temps, tout au bout de la plage et tr&#232;s loin de nous, deux Arabes en bleu de chauffe qui venaient dans notre direction. J&#8217;ai regard&#233; Raymond et il m&#8217;a dit: &#171;C&#8217;est lui.&#187; Nous avons continu&#233; &#224; marcher. Masson a demand&#233; comment ils avaient pu nous suivre jusque-l&#224;. J&#8217;ai pens&#233; qu&#8217;ils avaient d&#251; nous voir prendre l&#8217;autobus avec un sac de plage, mais je n&#8217;ai rien dit. Les Arabes avan&#231;aient lentement et ils &#233;taient d&#233;j&#224; beaucoup plus rapproch&#233;s. Nous n&#8217;avons pas chang&#233; notre allure, mais Raymond a dit: &#171;S&#8217;il y a de la bagarre, toi, Masson, tu prendras le deuxi&#232;me. Moi, je me charge de mon type. Toi, Meursault, s&#8217;il en arrive un autre, il est pour toi.&#187; J&#8217;ai dit: &#171;Oui&#187; et Masson a mis ses mains dans les poches. Le sable surchauff&#233; me semblait rouge maintenant. Nous avancions d&#8217;un pas &#233;gal vers les Arabes. La distance entre nous a diminu&#233; r&#233;guli&#232;rement. Quand nous avons &#233;t&#233; &#224; quelques pas les uns des autres, les Arabes se sont arr&#234;t&#233;s. Masson et moi nous avons ralenti notre pas. Raymond est all&#233; tout droit vers son type. J&#8217;ai mal entendu ce qu&#8217;il lui a dit, mais l&#8217;autre a fait mine de lui donner un coup de t&#234;te. Raymond a frapp&#233; alors une premi&#232;re fois et il a tout de suite appel&#233; Masson. Masson est all&#233; &#224; celui qu&#8217;on lui avait d&#233;sign&#233; et il a frapp&#233; deux fois avec tout son poids. L&#8217;Arabe s&#8217;est aplati dans l&#8217;eau, la face contre le fond, et il est rest&#233; quelques secondes ainsi, des bulles crevant &#224; la surface, autour de sa t&#234;te. Pendant ce temps Raymond aussi a frapp&#233; et l&#8217;autre avait la figure en sang. Raymond s&#8217;est retourn&#233; vers moi et a dit: &#171;Tu vas voir ce qu&#8217;il va prendre.&#187; Je lui ai cri&#233; : &#171;Attention, il a un couteau!&#187; Mais d&#233;j&#224; Raymond avait le bras ouvert et la bouche taillad&#233;e. Masson a fait un bond en avant. Mais l&#8217;autre Arabe s&#8217;&#233;tait relev&#233; et il s&#8217;est plac&#233; derri&#232;re celui qui &#233;tait arm&#233;. Nous n&#8217;avons pas os&#233; bouger. Ils ont recul&#233; lentement, sans cesser de nous regarder et de nous tenir en respect avec le couteau. Quand ils ont vu qu&#8217;ils avaient assez de champ, ils se sont enfuis tr&#232;s vite, pendant que nous restions clou&#233;s sous le soleil et que Raymond tenait serr&#233; son bras d&#233;gouttant de sang. Masson a dit imm&#233;diatement qu&#8217;il y avait un docteur qui passait ses dimanches sur le plateau. Raymond a voulu y aller tout de suite. Mais chaque fois qu&#8217;il parlait, le sang de sa blessure faisait des bulles dans sa bouche. Nous l&#8217;avons soutenu et nous sommes revenus au cabanon aussi vite que possible. L&#224;, Raymond a dit que ses blessures &#233;taient superficielles et qu&#8217;il pouvait aller chez le docteur. Il est parti avec Masson et je suis rest&#233; pour expliquer aux femmes ce qui &#233;tait arriv&#233;. Mme Masson pleurait et Marie &#233;tait tr&#232;s p&#226;le. Moi, cela m&#8217;ennuyait de leur expliquer. J&#8217;ai fini par me taire et j&#8217;ai fum&#233; en regardant la mer. Vers une heure et demie, Raymond est revenu avec Masson. Il avait le bras band&#233; et du sparadrap au coin de la bouche. Le docteur lui avait dit que ce n&#8217;&#233;tait rien, mais Raymond avait l&#8217;air tr&#232;s sombre. Masson a essay&#233; de le faire rire. Mais il ne parlait toujours pas. Quand il a dit qu&#8217;il descendait sur la plage, je lui ai demand&#233; o&#249; il allait. Il m&#8217;a r&#233;pondu qu&#8217;il voulait prendre l&#8217;air. Masson et moi avons dit que nous allions l&#8217;accompagner. Alors, il s&#8217;est mis en col&#232;re et nous a insult&#233;s. Masson a d&#233;clar&#233; qu&#8217;il ne fallait pas le contrarier. Moi, je l&#8217;ai suivi quand m&#234;me. Nous avons march&#233; longtemps sur la plage. Le soleil &#233;tait maintenant &#233;crasant. Il se brisait en morceaux sur le sable et sur la mer. J&#8217;ai eu l&#8217;impression que Raymond savait o&#249; il allait, mais c&#8217;&#233;tait sans doute faux. Tout au bout de la plage, nous sommes arriv&#233;s enfin &#224; une petite source qui coulait dans le sable, derri&#232;re un gros rocher. L&#224;, nous avons trouv&#233; nos deux Arabes. Ils &#233;taient couch&#233;s, dans leurs bleus de chauffe graisseux. Ils avaient l&#8217;air tout &#224; fait calmes et presque contents. Notre venue n&#8217;a rien chang&#233;. Celui qui avait frapp&#233; Raymond le regardait sans rien dire. L&#8217;autre soufflait dans un petit roseau et r&#233;p&#233;tait sans cesse, en nous regardant du coin de l&#8217;&#339;il, les trois notes qu&#8217;il obtenait de son instrument. Pendant tout ce temps, il n&#8217;y a plus eu que le soleil et ce silence, avec le petit bruit de la source et les trois notes. Puis Raymond a port&#233; la main &#224; sa poche revolver, mais l&#8217;autre n&#8217;a pas boug&#233; et ils se regardaient toujours. J&#8217;ai remarqu&#233; que celui qui jouait de la fl&#251;te avait les doigts des pieds tr&#232;s &#233;crat&#233;s. Mais sans quitter des yeux son adversaire, Raymond m&#8217;a demand&#233;: &#171;Je le descends?&#187; J&#8217;ai pens&#233; que si je disais non il s&#8217;exciterait tout seul et tirerait certainement. Je lui ai seulement dit: &#171;Il ne t&#8217;a pas encore parl&#233;. &#199;a ferait vilain de tirer comme &#231;a.&#187; On a encore entendu le petit bruit d&#8217;eau et de fl&#251;te au c&#339;ur du silence et de la chaleur. Puis Raymond a dit : &#171;Alors, je vais l&#8217;insulter et quand il r&#233;pondra, je le descendrai.&#187; J&#8217;ai r&#233;pondu: &#171;C&#8217;est &#231;a. Mais s&#8217;il ne sort pas son couteau, tu ne peux pas tirer.&#187; Raymond a commenc&#233; &#224; s&#8217;exciter un peu. L&#8217;autre jouait toujours et tous deux observaient chaque geste de Raymond. &#171;Non, ai-je dit &#224; Raymond. Prends-le d&#8217;homme &#224; homme et donne-moi ton revolver. Si l&#8217;autre intervient, ou s&#8217;il tire son couteau, je le descendrai.&#187; Quand Raymond m&#8217;a donn&#233; son revolver, le soleil a gliss&#233; dessus. Pourtant, nous sommes rest&#233;s encore immobiles comme si tout s&#8217;&#233;tait referm&#233; autour de nous. Nous nous regardions sans baisser les yeux et tout s&#8217;arr&#234;tait ici entre la mer, le sable et le soleil, le double silence de la fl&#251;te et de l&#8217;eau. J&#8217;ai pens&#233; &#224; ce moment qu&#8217;on pouvait tirer ou ne pas tirer. Mais brusquement, les Arabes, &#224; reculons, se sont coul&#233;s derri&#232;re le rocher. Raymond et moi sommes alors revenus sur nos pas. Lui paraissait mieux et il a parl&#233; de l&#8217;autobus du retour. Je l&#8217;ai accompagn&#233; jusqu&#8217;au cabanon et, pendant qu&#8217;il gravissait l&#8217;escalier de bois, je suis rest&#233; devant la premi&#232;re marche, la t&#234;te retentissante de soleil, d&#233;courag&#233; devant l&#8217;effort qu&#8217;il fallait faire pour monter l&#8217;&#233;tage de bois et aborder encore les femmes. Mais la chaleur &#233;tait telle qu&#8217;il m&#8217;&#233;tait p&#233;nible aussi de rester immobile sous la pluie aveuglante qui tombait du ciel. Rester ici ou partir, cela revenait au m&#234;me. Au bout d&#8217;un moment, je suis retourn&#233; vers la plage et je me suis mis &#224; marcher. C&#8217;&#233;tait le m&#234;me &#233;clatement rouge. Sur le sable, la mer haletait de toute la respiration rapide et &#233;touff&#233;e de ses petites vagues. Je marchais lentement vers les rochers et je sentais mon front se gonfler sous le soleil. Toute cette chaleur s&#8217;appuyait sur moi et s&#8217;opposait &#224; mon avance. Et chaque fois que je sentais son grand souffle chaud sur mon visage, je serrais les dents, je fermais les poings dans les poches de mon pantalon, je me tendais tout entier pour triompher du soleil et de cette ivresse opaque qu&#8217;il me d&#233;versait. A chaque &#233;p&#233;e de lumi&#232;re jaillie du sable, d&#8217;un coquillage blanchi ou d&#8217;un d&#233;bris de verre, mes m&#226;choires se crispaient. J&#8217;ai march&#233; longtemps. Je voyais de loin la petite masse sombre du rocher entour&#233;e d&#8217;un halo aveuglant par la lumi&#232;re et la poussi&#232;re de mer. Je pensais &#224; la source fra&#238;che derri&#232;re le rocher. J&#8217;avais envie de retrouver le murmure de son eau, envie de fuir le soleil, l&#8217;effort et les pleurs de femme, envie enfin de retrouver l&#8217;ombre et son repos. Mais quand j&#8217;ai &#233;t&#233; plus pr&#232;s, j&#8217;ai vu que le type de Raymond &#233;tait revenu. II &#233;tait seul. Il reposait sur le dos, les mains sous la nuque, le front dans les ombres du rocher, tout le corps au soleil. Son bleu de chauffe fumait dans la chaleur. J&#8217;ai &#233;t&#233; un peu surpris. Pour moi, c&#8217;&#233;tait une histoire finie et j&#8217;&#233;tais venu l&#224; sans y penser. D&#232;s qu&#8217;il m&#8217;a vu, il s&#8217;est soulev&#233; un peu et a mis la main dans sa poche. Moi, naturellement, j&#8217;ai serr&#233; le revolver de Raymond dans mon veston. Alors de nouveau, il s&#8217;est laiss&#233; aller en arri&#232;re, mais sans retirer la main de sa poche. J&#8217;&#233;tais assez loin de lui, &#224; une dizaine de m&#232;tres. Je devinais son regard par instants, entre ses paupi&#232;res mi-closes. Mais le plus souvent, son image dansait devant mes yeux, dans l&#8217;air enflamm&#233;. Le bruit des vagues &#233;tait encore plus paresseux, plus &#233;tale qu&#8217;&#224; midi. C&#8217;&#233;tait le m&#234;me soleil, la m&#234;me lumi&#232;re sur le m&#234;me sable qui se prolongeait ici. Il y avait d&#233;j&#224; deux heures que la journ&#233;e n&#8217;avan&#231;ait plus, deux heures qu&#8217;elle avait jet&#233; l&#8217;ancre dans un oc&#233;an de m&#233;tal bouillant. A l&#8217;horizon, un petit vapeur est pass&#233; et j&#8217;en ai devin&#233; la tache noire au bord de mon regard, parce que je n&#8217;avais pas cess&#233; de regarder l&#8217;Arabe. J&#8217;ai pens&#233; que je n&#8217;avais qu&#8217;un demi-tour &#224; faire et ce serait fini. Mais toute une plage vibrante de soleil se pressait derri&#232;re moi. J&#8217;ai fait quelques pas vers la source. L&#8217;Arabe n&#8217;a pas boug&#233;. Malgr&#233; tout, il &#233;tait encore assez loin. Peut-&#234;tre &#224; cause des ombres sur son visage, il avait l&#8217;air de rire. J&#8217;ai attendu. La br&#251;lure du soleil gagnait mes joues et j&#8217;ai senti des gouttes de sueur s&#8217;amasser dans mes sourcils. C&#8217;&#233;tait le m&#234;me soleil que le jour o&#249; j&#8217;avais enterr&#233; maman et, comme alors, le front surtout me faisait mal et toutes ses veines battaient ensemble sous la peau. A cause de cette br&#251;lure que je ne pouvais plus supporter, j&#8217;ai fait un mouvement en avant. Je savais que c&#8217;&#233;tait stupide, que je ne me d&#233;barrasserais pas du soleil en me d&#233;pla&#231;ant d&#8217;un pas. Mais j&#8217;ai fait un pas, un seul pas en avant. Et cette fois, sans se soulever, l&#8217;Arabe a tir&#233; son couteau qu&#8217;il m&#8217;a pr&#233;sent&#233; dans le soleil. La lumi&#232;re a gicl&#233; sur l&#8217;acier et c&#8217;&#233;tait comme une longue lame &#233;tincelante qui m&#8217;atteignait au front. Au m&#234;me instant, la sueur amass&#233;e dans mes sourcils a coul&#233; d&#8217;un coup sur les paupi&#232;res et les a recouvertes d&#8217;un voile ti&#232;de et &#233;pais. Mes yeux &#233;taient aveugl&#233;s derri&#232;re ce rideau de larmes et de sel. Je ne sentais plus que les cymbales du soleil sur mon front et, indistinctement, le glaive &#233;clatant jailli du couteau toujours en face de moi. Cette &#233;p&#233;e br&#251;lante rongeait mes cils et fouillait mes yeux douloureux. C&#8217;est alors que tout a vacill&#233;. La mer a charri&#233; un souffle &#233;pais et ardent. Il m&#8217;a sembl&#233; que le ciel s&#8217;ouvrait sur toute son &#233;tendue pour laisser pleuvoir du feu. Tout mon &#234;tre s&#8217;est tendu et j&#8217;ai crisp&#233; ma main sur le revolver. La g&#226;chette a c&#233;d&#233;, j&#8217;ai touch&#233; le ventre poli de la crosse et c&#8217;est l&#224;, dans le bruit &#224; la fois sec et assourdissant, que tout a commenc&#233;. J&#8217;ai secou&#233; la sueur et le soleil. J&#8217;ai compris que j&#8217;avais d&#233;truit l&#8217;&#233;quilibre du jour, le silence exceptionnel d&#8217;une plage o&#249; j&#8217;avais &#233;t&#233; heureux. Alors, j&#8217;ai tir&#233; encore quatre fois sur un corps inerte o&#249; les balles s&#8217;enfon&#231;aient sans qu&#8217;il y par&#251;t. Et c&#8217;&#233;tait comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur.</itunes:subtitle>
      <itunes:summary>Le dimanche, j&#8217;ai eu de la peine &#224; me r&#233;veiller et il a fallu que Marie m&#8217;appelle et me secoue. Nous n&#8217;avons pas mang&#233; parce que nous voulions nous baigner t&#244;t. Je me sentais tout &#224; fait vide et j&#8217;avais un peu mal &#224; la t&#234;te. Ma cigarette avait un go&#251;t amer. Marie s&#8217;est moqu&#233;e de moi parce qu&#8217;elle disait que j&#8217;avais &#171;une t&#234;te d&#8217;enterrement&#187;. Elle avait mis une robe de toile blanche et l&#226;ch&#233; ses cheveux. Je lui ai dit qu&#8217;elle &#233;tait belle, elle a ri de plaisir. En descendant, nous avons frapp&#233; &#224; la porte de Raymond. Il nous a r&#233;pondu qu&#8217;il descendait. Dans la rue, &#224; cause de ma fatigue et aussi parce que nous n&#8217;avions pas ouvert les persiennes, le jour, d&#233;j&#224; tout plein de soleil, m&#8217;a frapp&#233; comme une gifle. Marie sautait de joie et n&#8217;arr&#234;tait pas de dire qu&#8217;il faisait beau. Je me suis senti mieux et je me suis aper&#231;u que j&#8217;avais faim. Je l&#8217;ai dit &#224; Marie qui m&#8217;a montr&#233; son sac en toile cir&#233;e o&#249; elle avait mis nos deux maillots et une serviette. Je n&#8217;avais plus qu&#8217;&#224; attendre et nous avons entendu Raymond fermer sa porte. Il avait un pantalon bleu et une chemise blanche &#224; manches courtes. Mais il avait mis un canotier, ce qui a fait rire Marie, et ses avant-bras &#233;taient tr&#232;s blancs sous les poils noirs. J&#8217;en &#233;tais un peu d&#233;go&#251;t&#233;. Il sifflait en descendant et il avait l&#8217;air tr&#232;s content. Il m&#8217;a dit: &#171;Salut, vieux&#187;, et il a appel&#233; Marie &#171;Mademoiselle&#187;. La veille nous &#233;tions all&#233;s au commissariat et j&#8217;avais t&#233;moign&#233; que la fille avait &#171;manqu&#233;&#187; &#224; Raymond. Il en a &#233;t&#233; quitte pour un avertissement. On n&#8217;a pas contr&#244;l&#233; mon affirmation. Devant la porte, nous en avons parl&#233; avec Raymond, puis nous avons d&#233;cid&#233; de prendre l&#8217;autobus. La plage n&#8217;&#233;tait pas tr&#232;s loin, mais nous irions plus vite ainsi. Raymond pensait que son ami serait content de nous voir arriver t&#244;t. Nous allions partir quand Raymond, tout d&#8217;un coup, m&#8217;a fait signe de regarder en face. J&#8217;ai vu un groupe d&#8217;Arabes adoss&#233;s &#224; la devanture du bureau de tabac. Ils nous regardaient en silence, mais &#224; leur mani&#232;re, ni plus ni moins que si nous &#233;tions des pierres ou des arbres morts. Raymond m&#8217;a dit que le deuxi&#232;me &#224; partir de la gauche &#233;tait son type, et il a eu l&#8217;air pr&#233;occup&#233;. Il a ajout&#233; que, pourtant, c&#8217;&#233;tait maintenant une histoire finie. Marie ne comprenait pas tr&#232;s bien et nous a demand&#233; ce qu&#8217;il y avait. Je lui ai dit que c&#8217;&#233;taient des Arabes qui en voulaient &#224; Raymond. Elle a voulu qu&#8217;on parte tout de suite. Raymond s&#8217;est redress&#233; et il a ri en disant qu&#8217;il fallait se d&#233;p&#234;cher. Nous sommes all&#233;s vers l&#8217;arr&#234;t d&#8217;autobus qui &#233;tait un peu plus loin et Raymond m&#8217;a annonc&#233; que les Arabes ne nous suivaient pas. je me suis retourn&#233;. Ils &#233;taient toujours &#224; la m&#234;me place et ils regardaient avec la m&#234;me indiff&#233;rence l&#8217;endroit que nous venions de quitter. Nous avons pris l&#8217;autobus. Raymond, qui paraissait tout &#224; fait soulag&#233;, n&#8217;arr&#234;tait pas de faire des plaisanteries pour Marie. J&#8217;ai senti qu&#8217;elle lui plaisait, mais elle ne lui r&#233;pondait presque pas. De temps en temps, elle le regardait en riant. Nous sommes descendus dans la banlieue d&#8217;Alger. La plage n&#8217;est pas loin de l&#8217;arr&#234;t d&#8217;autobus. Mais il a fallu traverser un petit plateau qui domine la mer et qui d&#233;vale ensuite vers la plage. Il &#233;tait couvert de pierres jaun&#226;tres et d&#8217;asphod&#232;les tout blancs sur le bleu d&#233;j&#224; dur du ciel. Marie s&#8217;amusait &#224; en &#233;parpiller les p&#233;tales &#224; grands coups de son sac de toile cir&#233;e. Nous avons march&#233; entre des files de petites villas &#224; barri&#232;res vertes ou blanches, quelques-unes enfouies avec leurs v&#233;randas sous les tamaris, quelques autres nues au milieu des pierres. Avant d&#8217;arriver au bord du plateau, on pouvait voir d&#233;j&#224; la mer immobile et plus loin un cap somnolent et massif dans l&#8217;eau claire. Un l&#233;ger bruit de moteur est mont&#233; dans l&#8217;air calme jusqu&#8217;&#224; nous. Et nous avons vu, tr&#232;s loin, un petit chalutier qui avan&#231;ait, imperceptiblement, sur la mer &#233;clatante. Marie a cueilli quelques iris de roche. De la pente qui descendait vers la mer nous avons vu qu&#8217;il y avait d&#233;j&#224; quelques baigneurs. L&#8217;ami de Raymond habitait un petit cabanon de bois &#224; l&#8217;extr&#233;mit&#233; de la plage. La maison &#233;tait adoss&#233;e &#224; des rochers et les pilotis qui la soutenaient sur le devant baignaient d&#233;j&#224; dans l&#8217;eau. Raymond nous a pr&#233;sent&#233;s. Son ami s&#8217;appelait Masson. C&#8217;&#233;tait un grand type, massif de taille et d&#8217;&#233;paules, avec une petite femme ronde et gentille, &#224; l&#8217;accent parisien. Il nous a dit tout de suite de nous mettre &#224; l&#8217;aise et qu&#8217;il y avait une friture de poissons qu&#8217;il avait p&#233;ch&#233;s le matin m&#234;me. Je lui ai dit combien je trouvais sa maison jolie. Il m&#8217;a appris qu&#8217;il y venait passer le samedi, le dimanche et tous ses jours de cong&#233;. &#171;Avec ma femme, on s&#8217;entend bien&#187;, a-t-il ajout&#233;. Justement, sa femme riait avec Marie. Pour la premi&#232;re fois peut-&#234;tre, j&#8217;ai pens&#233; vraiment que j&#8217;allais me marier. Masson voulait se baigner, mais sa femme et Raymond ne voulaient pas venir. Nous sommes descendus tous les trois et Marie s&#8217;est imm&#233;diatement jet&#233;e dans l&#8217;eau. Masson et moi, nous avons attendu un peu. Lui parlait lentement et j&#8217;ai remarqu&#233; qu&#8217;il avait l&#8217;habitude de compl&#233;ter tout ce qu&#8217;il avan&#231;ait par un &#171;et je dirai plus&#187;, m&#234;me quand, au fond, il n&#8217;ajoutait rien au sens de sa phrase. A propos de Marie, il m&#8217;a dit: &#171;Elle est &#233;patante, et je dirai plus, charmante.&#187; Puis je n&#8217;ai plus fait attention &#224; ce tic parce que j&#8217;&#233;tais occup&#233; &#224; &#233;prouver que le soleil me faisait du bien. Le sable commen&#231;ait &#224; chauffer sous les pieds. J&#8217;ai retard&#233; encore l&#8217;envie que j&#8217;avais de l&#8217;eau, mais j&#8217;ai fini par dire &#224; Masson: &#171;On y va?&#187; J&#8217;ai plong&#233;. Lui est entr&#233; dans l&#8217;eau doucement et s&#8217;est jet&#233; quand il a perdu pied. Il nageait &#224; la brasse et assez mal, de sorte que je l&#8217;ai laiss&#233; pour rejoindre Marie. L&#8217;eau &#233;tait froide et j&#8217;&#233;tais content de nager. Avec Marie, nous nous sommes &#233;loign&#233;s et nous nous sentions d&#8217;accord dans nos gestes et dans notre contentement. Au large, nous avons fait la planche et sur mon visage tourn&#233; vers le ciel le soleil &#233;cartait les derniers voiles d&#8217;eau qui me coulaient dans la bouche. Nous avons vu que Masson regagnait la plage pour s&#8217;&#233;tendre au soleil. De loin, il paraissait &#233;norme. Marie a voulu que nous nagions ensemble. Je me suis mis derri&#232;re elle pour la prendre par la taille et elle avan&#231;ait &#224; la force des bras pendant que je l&#8217;aidais en battant des pieds. Le petit bruit de l&#8217;eau battue nous a suivis dans le matin jusqu&#8217;&#224; ce que je me sente fatigu&#233;. Alors j&#8217;ai laiss&#233; Marie et je suis rentr&#233; en nageant r&#233;guli&#232;rement et en respirant bien. Sur la plage, je me suis &#233;tendu &#224; plat ventre pr&#232;s de Masson et j&#8217;ai mis ma figure dans le sable. Je lui ai dit que &#171;c&#8217;&#233;tait bon&#187; et il &#233;tait de cet avis. Peu apr&#232;s, Marie est venue. Je me suis retourn&#233; pour la regarder avancer. Elle &#233;tait toute visqueuse d&#8217;eau sal&#233;e et elle tenait ses cheveux en arri&#232;re. Elle s&#8217;est allong&#233;e flanc &#224; flanc avec moi et les deux chaleurs de son corps et du soleil m&#8217;ont un peu endormi. Marie m&#8217;a secou&#233; et m&#8217;a dit que Masson &#233;tait remont&#233; chez lui, il fallait d&#233;jeuner. Je me suis lev&#233; tout de suite parce que j&#8217;avais faim, mais Marie m&#8217;a dit que je ne l&#8217;avais pas embrass&#233;e depuis ce matin. C&#8217;&#233;tait vrai et pourtant j&#8217;en avais envie. &#171;Viens dans l&#8217;eau&#187;, m&#8217;a-t-elle dit. Nous avons couru pour nous &#233;taler dans les premi&#232;res petites vagues. Nous avons fait quelques brasses et elle s&#8217;est coll&#233;e contre moi. J&#8217;ai senti ses jambes autour des miennes et je l&#8217;ai d&#233;sir&#233;e. Quand nous sommes revenus, Masson nous appelait d&#233;j&#224;. J&#8217;ai dit que j&#8217;avais tr&#232;s faim et il a d&#233;clar&#233; tout de suite &#224; sa femme que je lui plaisais. Le pain &#233;tait bon, j&#8217;ai d&#233;vor&#233; ma part de poisson. Il y avait ensuite de la viande et des pommes de terre frites. Nous mangions tous sans parler. Masson buvait souvent du vin et il me servait sans arr&#234;t. Au caf&#233;, j&#8217;avais la t&#234;te un peu lourde et j&#8217;ai fum&#233; beaucoup. Masson, Raymond et moi, nous avons envisag&#233; de passer ensemble le mois d&#8217;ao&#251;t &#224; la plage, &#224; frais communs. Marie nous a dit tout d&#8217;un coup: &#171;Vous savez quelle heure il est? Il est onze heures et demie.&#187; Nous &#233;tions tous &#233;tonn&#233;s, mais Masson a dit qu&#8217;on avait mang&#233; tr&#232;s t&#244;t, et que c&#8217;&#233;tait naturel parce que l&#8217;heure du d&#233;jeuner, c&#8217;&#233;tait l&#8217;heure o&#249; l&#8217;on avait faim. Je ne sais pas pourquoi cela a fait rire Marie. Je crois qu&#8217;elle avait un peu trop bu. Masson m&#8217;a demand&#233; alors si je voulais me promener sur la plage avec lui. &#171;Ma femme fait toujours la sieste apr&#232;s le d&#233;jeuner. Moi, je n&#8217;aime pas &#231;a. Il faut que je marche. Je lui dis toujours que c&#8217;est meilleur pour la sant&#233;. Mais apr&#232;s tout, c&#8217;est son droit.&#187; Marie a d&#233;clar&#233; qu&#8217;elle resterait pour aider Mme Masson &#224; faire la vaisselle. La petite Parisienne a dit que pour cela, il fallait mettre les hommes dehors. Nous sommes descendus tous les trois. Le soleil tombait presque d&#8217;aplomb sur le sable et son &#233;clat sur la mer &#233;tait insoutenable. Il n&#8217;y avait plus personne sur la plage. Dans les cabanons qui bordaient le plateau et qui surplombaient la mer, on entendait des bruits d&#8217;assiettes et de couverts. On respirait &#224; peine dans la chaleur de pierre qui montait du sol. Pour commencer, Raymond et Masson ont parl&#233; de choses et de gens que je ne connaissais pas. J&#8217;ai compris qu&#8217;il y avait longtemps qu&#8217;ils se connaissaient et qu&#8217;ils avaient m&#234;me v&#233;cu ensemble &#224; un moment. Nous nous sommes dirig&#233;s vers l&#8217;eau et nous avons long&#233; la mer. Quelquefois, une petite vague plus longue que l&#8217;autre venait mouiller nos souliers de toile. Je ne pensais &#224; rien parce que j&#8217;&#233;tais &#224; moiti&#233; endormi par ce soleil sur ma t&#234;te nue. A ce moment, Raymond a dit &#224; Masson quelque chose que j&#8217;ai mal entendu. Mais j&#8217;ai aper&#231;u en m&#234;me temps, tout au bout de la plage et tr&#232;s loin de nous, deux Arabes en bleu de chauffe qui venaient dans notre direction. J&#8217;ai regard&#233; Raymond et il m&#8217;a dit: &#171;C&#8217;est lui.&#187; Nous avons continu&#233; &#224; marcher. Masson a demand&#233; comment ils avaient pu nous suivre jusque-l&#224;. J&#8217;ai pens&#233; qu&#8217;ils avaient d&#251; nous voir prendre l&#8217;autobus avec un sac de plage, mais je n&#8217;ai rien dit. Les Arabes avan&#231;aient lentement et ils &#233;taient d&#233;j&#224; beaucoup plus rapproch&#233;s. Nous n&#8217;avons pas chang&#233; notre allure, mais Raymond a dit: &#171;S&#8217;il y a de la bagarre, toi, Masson, tu prendras le deuxi&#232;me. Moi, je me charge de mon type. Toi, Meursault, s&#8217;il en arrive un autre, il est pour toi.&#187; J&#8217;ai dit: &#171;Oui&#187; et Masson a mis ses mains dans les poches. Le sable surchauff&#233; me semblait rouge maintenant. Nous avancions d&#8217;un pas &#233;gal vers les Arabes. La distance entre nous a diminu&#233; r&#233;guli&#232;rement. Quand nous avons &#233;t&#233; &#224; quelques pas les uns des autres, les Arabes se sont arr&#234;t&#233;s. Masson et moi nous avons ralenti notre pas. Raymond est all&#233; tout droit vers son type. J&#8217;ai mal entendu ce qu&#8217;il lui a dit, mais l&#8217;autre a fait mine de lui donner un coup de t&#234;te. Raymond a frapp&#233; alors une premi&#232;re fois et il a tout de suite appel&#233; Masson. Masson est all&#233; &#224; celui qu&#8217;on lui avait d&#233;sign&#233; et il a frapp&#233; deux fois avec tout son poids. L&#8217;Arabe s&#8217;est aplati dans l&#8217;eau, la face contre le fond, et il est rest&#233; quelques secondes ainsi, des bulles crevant &#224; la surface, autour de sa t&#234;te. Pendant ce temps Raymond aussi a frapp&#233; et l&#8217;autre avait la figure en sang. Raymond s&#8217;est retourn&#233; vers moi et a dit: &#171;Tu vas voir ce qu&#8217;il va prendre.&#187; Je lui ai cri&#233; : &#171;Attention, il a un couteau!&#187; Mais d&#233;j&#224; Raymond avait le bras ouvert et la bouche taillad&#233;e. Masson a fait un bond en avant. Mais l&#8217;autre Arabe s&#8217;&#233;tait relev&#233; et il s&#8217;est plac&#233; derri&#232;re celui qui &#233;tait arm&#233;. Nous n&#8217;avons pas os&#233; bouger. Ils ont recul&#233; lentement, sans cesser de nous regarder et de nous tenir en respect avec le couteau. Quand ils ont vu qu&#8217;ils avaient assez de champ, ils se sont enfuis tr&#232;s vite, pendant que nous restions clou&#233;s sous le soleil et que Raymond tenait serr&#233; son bras d&#233;gouttant de sang. Masson a dit imm&#233;diatement qu&#8217;il y avait un docteur qui passait ses dimanches sur le plateau. Raymond a voulu y aller tout de suite. Mais chaque fois qu&#8217;il parlait, le sang de sa blessure faisait des bulles dans sa bouche. Nous l&#8217;avons soutenu et nous sommes revenus au cabanon aussi vite que possible. L&#224;, Raymond a dit que ses blessures &#233;taient superficielles et qu&#8217;il pouvait aller chez le docteur. Il est parti avec Masson et je suis rest&#233; pour expliquer aux femmes ce qui &#233;tait arriv&#233;. Mme Masson pleurait et Marie &#233;tait tr&#232;s p&#226;le. Moi, cela m&#8217;ennuyait de leur expliquer. J&#8217;ai fini par me taire et j&#8217;ai fum&#233; en regardant la mer. Vers une heure et demie, Raymond est revenu avec Masson. Il avait le bras band&#233; et du sparadrap au coin de la bouche. Le docteur lui avait dit que ce n&#8217;&#233;tait rien, mais Raymond avait l&#8217;air tr&#232;s sombre. Masson a essay&#233; de le faire rire. Mais il ne parlait toujours pas. Quand il a dit qu&#8217;il descendait sur la plage, je lui ai demand&#233; o&#249; il allait. Il m&#8217;a r&#233;pondu qu&#8217;il voulait prendre l&#8217;air. Masson et moi avons dit que nous allions l&#8217;accompagner. Alors, il s&#8217;est mis en col&#232;re et nous a insult&#233;s. Masson a d&#233;clar&#233; qu&#8217;il ne fallait pas le contrarier. Moi, je l&#8217;ai suivi quand m&#234;me. Nous avons march&#233; longtemps sur la plage. Le soleil &#233;tait maintenant &#233;crasant. Il se brisait en morceaux sur le sable et sur la mer. J&#8217;ai eu l&#8217;impression que Raymond savait o&#249; il allait, mais c&#8217;&#233;tait sans doute faux. Tout au bout de la plage, nous sommes arriv&#233;s enfin &#224; une petite source qui coulait dans le sable, derri&#232;re un gros rocher. L&#224;, nous avons trouv&#233; nos deux Arabes. Ils &#233;taient couch&#233;s, dans leurs bleus de chauffe graisseux. Ils avaient l&#8217;air tout &#224; fait calmes et presque contents. Notre venue n&#8217;a rien chang&#233;. Celui qui avait frapp&#233; Raymond le regardait sans rien dire. L&#8217;autre soufflait dans un petit roseau et r&#233;p&#233;tait sans cesse, en nous regardant du coin de l&#8217;&#339;il, les trois notes qu&#8217;il obtenait de son instrument. Pendant tout ce temps, il n&#8217;y a plus eu que le soleil et ce silence, avec le petit bruit de la source et les trois notes. Puis Raymond a port&#233; la main &#224; sa poche revolver, mais l&#8217;autre n&#8217;a pas boug&#233; et ils se regardaient toujours. J&#8217;ai remarqu&#233; que celui qui jouait de la fl&#251;te avait les doigts des pieds tr&#232;s &#233;crat&#233;s. Mais sans quitter des yeux son adversaire, Raymond m&#8217;a demand&#233;: &#171;Je le descends?&#187; J&#8217;ai pens&#233; que si je disais non il s&#8217;exciterait tout seul et tirerait certainement. Je lui ai seulement dit: &#171;Il ne t&#8217;a pas encore parl&#233;. &#199;a ferait vilain de tirer comme &#231;a.&#187; On a encore entendu le petit bruit d&#8217;eau et de fl&#251;te au c&#339;ur du silence et de la chaleur. Puis Raymond a dit : &#171;Alors, je vais l&#8217;insulter et quand il r&#233;pondra, je le descendrai.&#187; J&#8217;ai r&#233;pondu: &#171;C&#8217;est &#231;a. Mais s&#8217;il ne sort pas son couteau, tu ne peux pas tirer.&#187; Raymond a commenc&#233; &#224; s&#8217;exciter un peu. L&#8217;autre jouait toujours et tous deux observaient chaque geste de Raymond. &#171;Non, ai-je dit &#224; Raymond. Prends-le d&#8217;homme &#224; homme et donne-moi ton revolver. Si l&#8217;autre intervient, ou s&#8217;il tire son couteau, je le descendrai.&#187; Quand Raymond m&#8217;a donn&#233; son revolver, le soleil a gliss&#233; dessus. Pourtant, nous sommes rest&#233;s encore immobiles comme si tout s&#8217;&#233;tait referm&#233; autour de nous. Nous nous regardions sans baisser les yeux et tout s&#8217;arr&#234;tait ici entre la mer, le sable et le soleil, le double silence de la fl&#251;te et de l&#8217;eau. J&#8217;ai pens&#233; &#224; ce moment qu&#8217;on pouvait tirer ou ne pas tirer. Mais brusquement, les Arabes, &#224; reculons, se sont coul&#233;s derri&#232;re le rocher. Raymond et moi sommes alors revenus sur nos pas. Lui paraissait mieux et il a parl&#233; de l&#8217;autobus du retour. Je l&#8217;ai accompagn&#233; jusqu&#8217;au cabanon et, pendant qu&#8217;il gravissait l&#8217;escalier de bois, je suis rest&#233; devant la premi&#232;re marche, la t&#234;te retentissante de soleil, d&#233;courag&#233; devant l&#8217;effort qu&#8217;il fallait faire pour monter l&#8217;&#233;tage de bois et aborder encore les femmes. Mais la chaleur &#233;tait telle qu&#8217;il m&#8217;&#233;tait p&#233;nible aussi de rester immobile sous la pluie aveuglante qui tombait du ciel. Rester ici ou partir, cela revenait au m&#234;me. Au bout d&#8217;un moment, je suis retourn&#233; vers la plage et je me suis mis &#224; marcher. C&#8217;&#233;tait le m&#234;me &#233;clatement rouge. Sur le sable, la mer haletait de toute la respiration rapide et &#233;touff&#233;e de ses petites vagues. Je marchais lentement vers les rochers et je sentais mon front se gonfler sous le soleil. Toute cette chaleur s&#8217;appuyait sur moi et s&#8217;opposait &#224; mon avance. Et chaque fois que je sentais son grand souffle chaud sur mon visage, je serrais les dents, je fermais les poings dans les poches de mon pantalon, je me tendais tout entier pour triompher du soleil et de cette ivresse opaque qu&#8217;il me d&#233;versait. A chaque &#233;p&#233;e de lumi&#232;re jaillie du sable, d&#8217;un coquillage blanchi ou d&#8217;un d&#233;bris de verre, mes m&#226;choires se crispaient. J&#8217;ai march&#233; longtemps. Je voyais de loin la petite masse sombre du rocher entour&#233;e d&#8217;un halo aveuglant par la lumi&#232;re et la poussi&#232;re de mer. Je pensais &#224; la source fra&#238;che derri&#232;re le rocher. J&#8217;avais envie de retrouver le murmure de son eau, envie de fuir le soleil, l&#8217;effort et les pleurs de femme, envie enfin de retrouver l&#8217;ombre et son repos. Mais quand j&#8217;ai &#233;t&#233; plus pr&#232;s, j&#8217;ai vu que le type de Raymond &#233;tait revenu. II &#233;tait seul. Il reposait sur le dos, les mains sous la nuque, le front dans les ombres du rocher, tout le corps au soleil. Son bleu de chauffe fumait dans la chaleur. J&#8217;ai &#233;t&#233; un peu surpris. Pour moi, c&#8217;&#233;tait une histoire finie et j&#8217;&#233;tais venu l&#224; sans y penser. D&#232;s qu&#8217;il m&#8217;a vu, il s&#8217;est soulev&#233; un peu et a mis la main dans sa poche. Moi, naturellement, j&#8217;ai serr&#233; le revolver de Raymond dans mon veston. Alors de nouveau, il s&#8217;est laiss&#233; aller en arri&#232;re, mais sans retirer la main de sa poche. J&#8217;&#233;tais assez loin de lui, &#224; une dizaine de m&#232;tres. Je devinais son regard par instants, entre ses paupi&#232;res mi-closes. Mais le plus souvent, son image dansait devant mes yeux, dans l&#8217;air enflamm&#233;. Le bruit des vagues &#233;tait encore plus paresseux, plus &#233;tale qu&#8217;&#224; midi. C&#8217;&#233;tait le m&#234;me soleil, la m&#234;me lumi&#232;re sur le m&#234;me sable qui se prolongeait ici. Il y avait d&#233;j&#224; deux heures que la journ&#233;e n&#8217;avan&#231;ait plus, deux heures qu&#8217;elle avait jet&#233; l&#8217;ancre dans un oc&#233;an de m&#233;tal bouillant. A l&#8217;horizon, un petit vapeur est pass&#233; et j&#8217;en ai devin&#233; la tache noire au bord de mon regard, parce que je n&#8217;avais pas cess&#233; de regarder l&#8217;Arabe. J&#8217;ai pens&#233; que je n&#8217;avais qu&#8217;un demi-tour &#224; faire et ce serait fini. Mais toute une plage vibrante de soleil se pressait derri&#232;re moi. J&#8217;ai fait quelques pas vers la source. L&#8217;Arabe n&#8217;a pas boug&#233;. Malgr&#233; tout, il &#233;tait encore assez loin. Peut-&#234;tre &#224; cause des ombres sur son visage, il avait l&#8217;air de rire. J&#8217;ai attendu. La br&#251;lure du soleil gagnait mes joues et j&#8217;ai senti des gouttes de sueur s&#8217;amasser dans mes sourcils. C&#8217;&#233;tait le m&#234;me soleil que le jour o&#249; j&#8217;avais enterr&#233; maman et, comme alors, le front surtout me faisait mal et toutes ses veines battaient ensemble sous la peau. A cause de cette br&#251;lure que je ne pouvais plus supporter, j&#8217;ai fait un mouvement en avant. Je savais que c&#8217;&#233;tait stupide, que je ne me d&#233;barrasserais pas du soleil en me d&#233;pla&#231;ant d&#8217;un pas. Mais j&#8217;ai fait un pas, un seul pas en avant. Et cette fois, sans se soulever, l&#8217;Arabe a tir&#233; son couteau qu&#8217;il m&#8217;a pr&#233;sent&#233; dans le soleil. La lumi&#232;re a gicl&#233; sur l&#8217;acier et c&#8217;&#233;tait comme une longue lame &#233;tincelante qui m&#8217;atteignait au front. Au m&#234;me instant, la sueur amass&#233;e dans mes sourcils a coul&#233; d&#8217;un coup sur les paupi&#232;res et les a recouvertes d&#8217;un voile ti&#232;de et &#233;pais. Mes yeux &#233;taient aveugl&#233;s derri&#232;re ce rideau de larmes et de sel. Je ne sentais plus que les cymbales du soleil sur mon front et, indistinctement, le glaive &#233;clatant jailli du couteau toujours en face de moi. Cette &#233;p&#233;e br&#251;lante rongeait mes cils et fouillait mes yeux douloureux. C&#8217;est alors que tout a vacill&#233;. La mer a charri&#233; un souffle &#233;pais et ardent. Il m&#8217;a sembl&#233; que le ciel s&#8217;ouvrait sur toute son &#233;tendue pour laisser pleuvoir du feu. Tout mon &#234;tre s&#8217;est tendu et j&#8217;ai crisp&#233; ma main sur le revolver. La g&#226;chette a c&#233;d&#233;, j&#8217;ai touch&#233; le ventre poli de la crosse et c&#8217;est l&#224;, dans le bruit &#224; la fois sec et assourdissant, que tout a commenc&#233;. J&#8217;ai secou&#233; la sueur et le soleil. J&#8217;ai compris que j&#8217;avais d&#233;truit l&#8217;&#233;quilibre du jour, le silence exceptionnel d&#8217;une plage o&#249; j&#8217;avais &#233;t&#233; heureux. Alors, j&#8217;ai tir&#233; encore quatre fois sur un corps inerte o&#249; les balles s&#8217;enfon&#231;aient sans qu&#8217;il y par&#251;t. Et c&#8217;&#233;tait comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur.</itunes:summary>
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      <pubDate>Tue, 22 Jan 2008 04:51:20 -0800</pubDate>
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      <title>Actualit&#233;s audio et vid&#233;o de l&#8217;oeuvre de Pierre Corneille</title>
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      <description>&#8220;Que reste-t-il de Corneille dans nos m&#233;moires ? Quelques vers, la couverture &#233;corn&#233;e et p&#226;lie d&#8217;un petit classique, une &#8220;matin&#233;e scolaire&#8221; peut-&#234;tre, la figure d&#8217;un professeur de quatri&#232;me ou de seconde, quand la vie &#233;tait encore &#224; inventer&#8230; Selon les cas, la nostalgie nimbe nos souvenirs et l&#8217;enthousiasme surgit intact &#224; la seule &#233;vocation du Cid ; ou bien on se rappelle que c&#8217;&#233;tait ennuyeux, Cinna, quand on avait quinze ans, et l&#8217;on se dit qu&#8217;on go&#251;terait peut-&#234;tre mieux cela aujourd&#8217;hui, si on en avait le temps&#8230;&#8221; Ces propos de Myriam Dufour-Ma&#238;tre nous invitent &#224; la d&#233;couverte d&#8217;un &#233;crivain et d&#8217;oeuvre encore actuels et des nombreuses ressources Internet abordent ce sujet. Ainsi France Culture consacre un dossier &#224; Pierre Corneille avec des &#233;missions remarquables comme : &#171; Jouons avec Corneille &#187;, Une vie, une oeuvre et des pi&#232;ces du dramaturge dans le cadre de Fiction &#8211; Cycles de th&#233;&#226;tre europ&#233;en . En relation avec les ressources audio sur Corneille on peut consulter sur le Web...</description>
      <itunes:subtitle>&#8220;Que reste-t-il de Corneille dans nos m&#233;moires ? Quelques vers, la couverture &#233;corn&#233;e et p&#226;lie d&#8217;un petit classique, une &#8220;matin&#233;e scolaire&#8221; peut-&#234;tre, la figure d&#8217;un professeur de quatri&#232;me ou de seconde, quand la vie &#233;tait encore &#224; inventer&#8230; Selon les cas, la nostalgie nimbe nos souvenirs et l&#8217;enthousiasme surgit intact &#224; la seule &#233;vocation du Cid ; ou bien on se rappelle que c&#8217;&#233;tait ennuyeux, Cinna, quand on avait quinze ans, et l&#8217;on se dit qu&#8217;on go&#251;terait peut-&#234;tre mieux cela aujourd&#8217;hui, si on en avait le temps&#8230;&#8221; Ces propos de Myriam Dufour-Ma&#238;tre nous invitent &#224; la d&#233;couverte d&#8217;un &#233;crivain et d&#8217;oeuvre encore actuels et des nombreuses ressources Internet abordent ce sujet. Ainsi France Culture consacre un dossier &#224; Pierre Corneille avec des &#233;missions remarquables comme : &#171; Jouons avec Corneille &#187;, Une vie, une oeuvre et des pi&#232;ces du dramaturge dans le cadre de Fiction &#8211; Cycles de th&#233;&#226;tre europ&#233;en . En relation avec les ressources audio sur Corneille on peut consulter sur le Web des conf&#233;rences, des cours et des &#233;tudes sur le site &#8220;Encyclop&#233;die Sonore&#8221;. Et les Archives de l&#8217; Ina nous propose des vid&#233;os, comme celle qui a &#233;t&#233; reprise par Arc3 sur la communaut&#233; de partage Dailymotion . Sur le site Web Corneille Audio &#8211; Video on acc&#232;de &#224; une large synth&#232;se de ces ressources audio et vid&#233;o. Dans Une histoire audio/vid&#233;o de la litt&#233;rature fran&#231;aise le m&#233;dia citoyen AgoraVox signalait d&#233;j&#224; l&#8217;int&#233;r&#234;t des recherches et travaux &#233;labor&#233;s par le Projet Flenet de l&#8217;Universit&#233; de Le&#243;n. Le sp&#233;cialiste et l&#8217;amateur de litt&#233;rature fran&#231;aise peuvent en m&#234;me temps assouvir leur go&#251;t curieux avec la documentation des sites Internet les plus remarquables sur Corneille comme l&#8217;on trouve dans le blog Audio Vid&#233;o Litt&#233;rature fran&#231;aise . Et pour la lecture en ligne des textes des grands classiques comme Pierre Corneille on peut consulter la Biblioth&#232;que Gallica ou ABU la biblioth&#232;que universelle . Bonne lecture et &#233;coute &#224; tous&#8230; URL TRACKBACK : http://www.agoravox.fr/tb_receive.php3?id_article=19554</itunes:subtitle>
      <itunes:summary>&#8220;Que reste-t-il de Corneille dans nos m&#233;moires ? Quelques vers, la couverture &#233;corn&#233;e et p&#226;lie d&#8217;un petit classique, une &#8220;matin&#233;e scolaire&#8221; peut-&#234;tre, la figure d&#8217;un professeur de quatri&#232;me ou de seconde, quand la vie &#233;tait encore &#224; inventer&#8230; Selon les cas, la nostalgie nimbe nos souvenirs et l&#8217;enthousiasme surgit intact &#224; la seule &#233;vocation du Cid ; ou bien on se rappelle que c&#8217;&#233;tait ennuyeux, Cinna, quand on avait quinze ans, et l&#8217;on se dit qu&#8217;on go&#251;terait peut-&#234;tre mieux cela aujourd&#8217;hui, si on en avait le temps&#8230;&#8221; Ces propos de Myriam Dufour-Ma&#238;tre nous invitent &#224; la d&#233;couverte d&#8217;un &#233;crivain et d&#8217;oeuvre encore actuels et des nombreuses ressources Internet abordent ce sujet. Ainsi France Culture consacre un dossier &#224; Pierre Corneille avec des &#233;missions remarquables comme : &#171; Jouons avec Corneille &#187;, Une vie, une oeuvre et des pi&#232;ces du dramaturge dans le cadre de Fiction &#8211; Cycles de th&#233;&#226;tre europ&#233;en . En relation avec les ressources audio sur Corneille on peut consulter sur le Web des conf&#233;rences, des cours et des &#233;tudes sur le site &#8220;Encyclop&#233;die Sonore&#8221;. Et les Archives de l&#8217; Ina nous propose des vid&#233;os, comme celle qui a &#233;t&#233; reprise par Arc3 sur la communaut&#233; de partage Dailymotion . Sur le site Web Corneille Audio &#8211; Video on acc&#232;de &#224; une large synth&#232;se de ces ressources audio et vid&#233;o. Dans Une histoire audio/vid&#233;o de la litt&#233;rature fran&#231;aise le m&#233;dia citoyen AgoraVox signalait d&#233;j&#224; l&#8217;int&#233;r&#234;t des recherches et travaux &#233;labor&#233;s par le Projet Flenet de l&#8217;Universit&#233; de Le&#243;n. Le sp&#233;cialiste et l&#8217;amateur de litt&#233;rature fran&#231;aise peuvent en m&#234;me temps assouvir leur go&#251;t curieux avec la documentation des sites Internet les plus remarquables sur Corneille comme l&#8217;on trouve dans le blog Audio Vid&#233;o Litt&#233;rature fran&#231;aise . Et pour la lecture en ligne des textes des grands classiques comme Pierre Corneille on peut consulter la Biblioth&#232;que Gallica ou ABU la biblioth&#232;que universelle . Bonne lecture et &#233;coute &#224; tous&#8230; URL TRACKBACK : http://www.agoravox.fr/tb_receive.php3?id_article=19554</itunes:summary>
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      <pubDate>Thu, 22 Feb 2007 09:05:18 -0800</pubDate>
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      <title>Exp&#233;riences p&#233;dagogiques dans un blog pour l&#8217;enseignement du fran&#231;ais</title>
      <link>http://odeo.com/episodes/8605163-Exp%C3%A9riences-p%C3%A9dagogiques-dans-un-blog-pour-l%E2%80%99enseignement-du-fran%C3%A7ais</link>
      <description>L&#8217;int&#233;gration des weblogs ou carnets Web dans l&#8217;&#233;ducation se poursuit dans diff&#233;rentes domaines. Dans l&#8217;enseignement des langues ces syst&#232;mes de gestion de contenu (CMS) favorisent la communication r&#233;elle, le travail collaboratif entre les enseignants et les &#233;tudiants et le d&#233;veloppement de contacts interculturels. Les blogs du Campus FLE actualisent plusieurs exp&#233;riences &#224; la recherche de la conjonction entre les pratiques langagi&#232;res (compr&#233;hension et production orales-&#233;crites) et les nouveaux outils (logiciels audio et vid&#233;o, weblogs, podcasting, vid&#233;oblogs, plates-formes et environnements communicatifs). En utilisant ces outils, ainsi que les ressources et t&#226;ches p&#233;dagogiques propos&#233;es par les enseignants (sc&#233;narios multim&#233;dia, &#233;coute et cr&#233;ation de podcasts, utilisation des communaut&#233;s de vid&#233;oblogs ( Dailymotion, GoogleVideo, YouTube), les &#233;tudiants de fran&#231;ais de l&#8217; Universit&#233; de Le&#243;n d&#233;couvrent la langue et la culture fran&#231;aises et ouvrent leurs travaux sur la toile pour &#234;tr...</description>
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      <pubDate>Mon, 12 Feb 2007 11:16:26 -0800</pubDate>
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      <title>Dictee: C'est par la pensee</title>
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      <pubDate>Mon, 23 Oct 2006 07:46:07 -0700</pubDate>
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      <title>Phon&#233;tique Fran&#231;aise FLE</title>
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      <pubDate>Mon, 26 Jun 2006 10:49:56 -0700</pubDate>
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      <title>Phon&#233;tique fran&#231;aise FLE</title>
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      <description>Phon&#233;tique FLE &#8211; Universit&#233; de Le&#243;n Cours de prononciation de fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re Phon&#233;tique articulatoire Les Voyelles Les Consonnes M&#233;thodes de correction Dict&#233;es &#8211; Exercices | Jeux AUDIO Bibliographies</description>
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      <pubDate>Mon, 26 Jun 2006 04:43:34 -0700</pubDate>
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      <title>Tour du Monde - Cours de FLE</title>
      <link>http://odeo.com/episodes/1389828-Tour-du-Monde-Cours-de-FLE</link>
      <description>Les cours en ligne du Campus Virtuel FLE font partie du Projet FLENET de l&#8217;Universit&#233; de Le&#243;n et de FLENET RedIRIS (Red Acad&#233;mica y Cient&#237;fica espa&#241;ola) et ils ont les objetifs suivants: 1. Proposer des mat&#233;riels p&#233;dagogiques (ressources, m&#233;thodologies et outils) aux enseignats et aux &#233;tudiants de la communaut&#233; scientifique du Fran&#231;ais Langue &#201;trang&#232;re (FLE). 2. Utiliser les potentiels des NouvellesTechnologies de l I&#8217;information et de la Communication (NTIC) et notamment Internet dans l&#8217; enseignement d&#8217;une langue &#233;trang&#232;re (FLE). 3. Cr&#233;er un mod&#232;le facile et utile que d&#8217;autres universit&#233;s ou &#233;tablissements &#233;ducatifs pourront int&#233;grer et d&#233;velopper dans le cadre de leurs projets, programmes et mat&#233;riels p&#233;dagogiques.</description>
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      <pubDate>Mon, 26 Jun 2006 04:25:36 -0700</pubDate>
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      <title>Objectifs du projet  FLENET</title>
      <link>http://odeo.com/episodes/1389665-Objectifs-du-projet-FLENET</link>
      <description>1. Elaborer des ressources et une base de donn&#233;es pour la recherche et l&#8217;enseignement du fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re dans le cadre d&#8217; Internet. 2. Proposer des m&#233;thodes et des outils pour l&#8217;&#233;valuation des ressources FLE sur Internet. 3. Cr&#233;er des mat&#233;riels didactiques pour la formation des enseignants de FLE en relations avec les applications p&#233;dagogiques d&#8217;Internet en classe de fran&#231;ais. 4. Cr&#233;er des activit&#233;s et des t&#226;ches p&#233;dagogiques pour les &#233;tudiants de fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re (Enseignement universitaire et autres). 5. Proposer un espace d&#8217;&#233;change et communication pour les &#233;tudiants, les enseignants et les chercheurs de la communaut&#233; scientifique du FLE.</description>
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      <pubDate>Mon, 26 Jun 2006 03:42:49 -0700</pubDate>
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      <title>Qu'est-ce que FLENET?</title>
      <link>http://odeo.com/episodes/1389650-Qu-est-ce-que-FLENET</link>
      <description>FLENET: Fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re et Internet est un projet de recherche sur les applications p&#233;dagogiques des nouvelles technologies de l&#8217;information et de la communication (NTIC) dans le domaine du fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re (FLE). Ce projet cr&#233;&#233; en octobre 1999 constitue en m&#234;me temps une base de donn&#233;es, un centre de ressources et un laboratoire d&#8217;exp&#233;riences p&#233;dagogiques en relation avec l&#8217;enseignement / apprentissage du fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re. Les espaces web de FLENET se situent &#224; l&#8217; Universit&#233; de Le&#243;n (Espagne): adresse internet: http://www3.unileon.es/dp/dfm/flenet/ ainsi que dans RedIRIS (R&#233;seau acad&#233;mique et de recherche espagnol): adresse internet: http://flenet.rediris.es/</description>
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      <pubDate>Mon, 26 Jun 2006 03:40:06 -0700</pubDate>
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